2020 c’est juste un chiffre.

L’année qu’on vient de passer c’est une année tout de même un peu belle. C’est trouver de nouvelles façon de se dire qu’on s’aime. On passait beaucoup de temps ensemble mais est-ce qu’on se disait autant ‘Je t’aime’ ? Je ne crois pas.


2020 c’est s’aimer plus fort, c’est être créatif dans ses façons de le dire. C’est apprécier toutes les petites choses qu’on prenait pour acquis. C’est essayer fort, encore plus fort de voir du joli partout. C’est avoir la chance d’avoir toutes les technologies pour pouvoir communiquer notre amour et nos inquiétudes et de savoir que quelqu’un a de la compassion et nous aime, de l’autre côté de l’écran.

C’est travailler sur nous-même, apprendre à se connaitre, s’aimer des fois, s’haïr d’autre fois et comprendre qu’on devrait améliorer certaines facettes de nous même pour devenir beaux beaux beaux en dedans.


Si les années plus difficiles existaient pas, on resterait toujours à la même place. Faut que ça soit difficile un peu des fois pour avancer plus vite. En 2020 on s’est aider. On a aidé des gens qu’on connaissait et d’autres qu’on avait jamais vus. Si cette année nous a rendu tous un peu plus généreux.. pourquoi pas?


On a été compréhensif.. des fois pas, mais on s’est dit ‘’câline, je ferai mieux la prochaine fois’’. Si on a appris a s’excuser, à se dire les vraies affaires, à se pardonner et à apprécier… Je dis ok, on peut passer à 2021 mais n’oublions pas 2020. J’te dis pas que j’ai tout aimé, loin de là. J’te dis pas que c’était facile non plus… Mais j’suis quand même fière de terminer 2020 et de voir que je suis entourée de personnes qui aspirent à être de meilleurs eux-même. J’suis fière de moi aussi, faut s’le dire. Tout le travail que j’ai fait sur moi cet année, je me connais mieux que je ne l’ai jamais fait et j’essaie d’être plus compréhensive aussi avec moi-même.

Je vous souhaites des beaux souvenirs.

Je vous laisse sur quelques unes de mes photos de presse de 2020 parce que c’est plutôt rare (ça arrive jamais) que je vous partage ça et vous ne me connaîtrez qu’un peu mieux.




Un texte plus personnel, parce que je devais me libérer de ces mots. Parce que ça me fait du bien de partager qui je suis grâce en parti à qui elle était. Parce que dans ma quête d’être vraie, le plus triste en fait aussi parti, mais il ne veut pas toujours dire que négatif.


À quel point on ne savait pas ce qui se trouvait devant nous, ce qui se cachait dans les mois à venir. Aujourd’hui je réalise la chance des derniers moments qu’on a put avoir avec toi. La chance qu’on a eu de pouvoir célébrer avec toi jusqu’à la fin. La chance qu’on a eu de pouvoir te coller, t’embrasser, te faire rire. La chance qu’on a eu d’écouter nos chansons préférées ensemble jusqu’à la dernière minute. Autant je m’ennuie, autant je suis reconnaissante de ne pas avoir à me demander si tu te sentais seule et si tu avais peur. Tu méritais de l’amour à profusion jusqu’à la toute dernière minute. Tu méritais tout.


Ça fait officiellement une année complète que j’écris ces mots et que je les efface, que je regarde nos photos, nos vidéos le coeur plein de nostalgie. Ça fait un an que j’ai peur que mes mots ne soient pas à la hauteur de la personne que tu étais. Ça fait un an et bien plus que je n’arrive pas à décrire ta douceur, ton importance. Aucune phrase n’arrive à rendre de façon juste le doux de ce moment qui est pourtant l’événement le plus difficile de ma vie.

L’aide médicale à mourir on ne veut pas toujours en parler et pourtant..

Tu es partie doucement, à ta demande. Ça me semble fou aujourd’hui de nous imaginer tous rassembler autour de ton lit, à l’hôpital. Autant de gens et encore plus d’amour dans une si petite pièce. Tu nous auras appris à rire de tout, à rire peu importe les circonstances. Pas pour faire semblant qu’on n’a pas mal ou qu’on n’est pas tristes mais juste parce que ça passe mieux ensemble, le sourire aux lèvres. Grâce à toi je tenterai toujours d’être généreuse, d’être patiente, d’être compréhensive. En suivant ton exemple je donnerai toujours le meilleur de moi-même et je continuerai d’être créative et d’essayer, de toujours essayer plus.


Les mots ne pourraient pas mieux décrire que ces images les mixed feelings à propos de cette journée.

Des rires, de l’amour, de la tristesse, de la nostalgie. Je me souviens de chaque instant avec toi, la tête reposée sur ton épaule, les larmes aux yeux… sans rien dire d’autre que je t’aime. Les hommages aux gens partis me rendent triste parce qu’au fond de moi j’espère que de ton vivant tu savais toutes ces belles choses à propos de toi. J’espère qu’on a sut te rendre tout l’amour que tu as donné et toute la patience que tu as partagée. Tu mérites ton repos, tu as tout donné de toi, tu mérites le nuage d’amour sur lequel tu flottais en quittant. Tu auras entendu ceux que tu aimes crier en coeur ‘’JE T’AIME’’ en quittant, sur la trame sonore des chansons importantes de ta vie, avec des ballons et des photos plein la pièce.


Tu m’auras enseigné ton amour de la photo pour les souvenirs et la nostalgie qui viennent avec cette passion et en regardant nos souvenirs du début à la fin je me souviendrai de la personne incroyable que j’ai eu la chance d’appeler ma grand-mère.

Rassembleuse, Généreuse, Patiente, Drôle.

Tu es tout ce que j’aspire à être.



Après avoir suivi la majorité des épreuves de près, à photographier, à aider, à assurer la sécurité et le ravitaillement je me suis rendue compte à la 10e que c’était l’une des rares où j’ai put assister pratiquement du début à la fin. Voici donc en photos et en mes mots l’épreuve de la traversée du lac Wapizagonke. Puisque Marc-André parle toujours beaucoup, j’ai décidé que cette fois les mots venaient de moi.

C'est moi là, la fille derrière la caméra. Merci Julien pour la photo. A wild photographer in her natural habitat)

Il faut dire que cette épreuve a été un peu différente du plan de départ, le confinement n’aura pas aidé à un entraînement adéquat et la fermeture des terrains de canot camping ne nous aura pas permis de dormir sur place comme prévu. On a donc dut se trouver un camping hors du parc, moins pratique et surtout moins rustique. Il faut faire des compris il paraît. La température elle, était de notre côté, les orages et la pluie annoncés se seront fait timides et nous auront laissé le champ libre pour être quasiment seuls sur le lac. Seuls... avec 3-4 millions de moustiques plus ou moins.


Le matin du départ notre embarcation à Julien et moi est prête, Marc-André enfile son wetsuit. Plus il blague et fait le clown, plus je le sais nerveux. Le point de départ donne sur une vue très vaste du lac, de quoi faire peur et se rappeler l’ampleur de ce projet. Le projet que Marc-André qualifie encore de «petit». Manque d’entraînement, manque de nature, on a été enfermés à la maison pendant 3 mois après tout, de voir une si grande étendue d’eau à nager peut donner le vertige. Bien qu’il excelle dans tout ce qu’il entreprend, Marc-André est avant tout un coureur, un skieur, un cycliste, la nage n’est pas dans le top 3 sur la liste. Ça aussi, ça doit faire peur, se lancer dans une épreuve avec un sport qui nous est moins naturel.

Allez, à l’eau.

Après à peine 100m il sort la tête de l’eau, ça ne marche pas. Le souffle court mais pas essoufflé d’avoir nagé, c’est la panique qui s’installe. Pendant environ 1km il doit s’arrêter à chaque 100m et semble se demander ce qu’il fait là. Julien lui avait demandé la veille laquelle des épreuves il ne voudrait pas refaire, la réponse devient soudainement pas mal plus évidente; celle là.


La première journée se continue avec la même trame de fond; le stress. Les arrêts fréquents se multiplient. Les grands bassins donnent l’impression de ne jamais avancer. Tout pour aider, le canot dans lequel on est avance petit à petit avec le vent, vent qui ne fait pas avancer Marc-André pour autant. On semble donc s’éloigner alors que lui a l’impression de ne pas avancer.



Quand il raconte l’épreuve j’entends Marc-André dire qu’à ce moment, sans nous le dire, il doutait. Allait-il terminer l’épreuve? Était-ce trop ambitieux? Je le voyais plus fatigué à chaque arrêt, étourdi en sortant de l’eau, je le savais pourtant capable.



La journée se termine sur cette note.

Un peu de douleur à l’épaule et beaucoup de questionnement quant au lendemain, où un autre 7km de nage l’attend.



Jour 2

Dans ce projet il y a beaucoup de courage, de générosité, de persévérance mais aussi un peu d’inconscience. C’est d’ailleurs cette inconscience qui a fait en sorte que l’épreuve s’est poursuivie malgré une première journée difficile, je crois.

À ce moment Marc-André décide qu’on va se rendre en canot à la fin du Wapizagonke, près des chutes, là où l’épreuve devait se terminée initialement et qu’il nagera de là jusqu’au point où il a terminé la veille. Les moustiques, une bonne gang bien intimidante de moustiques forcent Marc-André a enfiler son wetsuit à la vitesse de l’éclair et de se lancer à l’eau sans trop pouvoir penser. Qui aurait cru qu’après une première journée aussi éprouvante, il aurait hâte de commencer à nager. Le départ se fait donc à un rythme plus régulier. Le bassin est plus petit, l’eau calme et on ne voit pas trop loin devant nous c’est donc encourageant de voir la progression. Les prochains km se font avec une bonne constance, moins d’arrêts, plus de plaisir.

Vient le moment d’embarquer dans le canot avec nous pour une courte distance, là ou le lac n’est pas assez profond pour nager. Ceux qui connaissent Marc-André ne seront pas surpris d’apprendre que malgré la quasi solitude sur le lac il a trouvé le moyen de tomber face à face avec un ami du CÉGEP. Pour vous faire une histoire courte… vous pourriez aller à l’autre bout du monde avec Marc-André, le hasard ferait en sorte qu’il y trouverait quelqu’un qu’il connait.


photo cellulaire

Après la courte distance dans le canot on tente de le débarquer sur une petite plage, à ce moment on perd environ la moitié de Marc-André dans la vase. C’est donc plus logique et plus sécuritaire qu’il rembarque dans le canot avec nous (en prenant bien soin au passage de presque nous faire chavirer) et qu’on le dépose à la prochaine plage. Il a donc sauté un bassin assez large, bien que pas très long qui je crois, l’a aidé à garder sa motivation présente depuis le début de la journée 2.


Les kilomètres suivant passent rapidement.

On me dépose à la plage qui mène au stationnement, je suis en charge de remmener la voiture au point de départ, là ou l’on doit remmener le canot. La suite du texte je la connais donc à force d’entendre Marc-André la raconter (J’vous l’ai dit.. il parle beaucoup). La dernière image que je peux photographier de cette épreuve, c’est un Julien qui pogne dans le vent seul dans le canot maintenant moins stable, un vent qui se lève à la minute ou je quitte et un Marc-André qui doit nager dans ce même vent. De ce que j’en comprend c’est donc environ 1 ou 2 Kilomètres plutôt pénibles qui se trouvent devant eux.


Grande finale à la plage.

Cette même plage ou Marc-André à posé les fesses il y a 40 ans avec ses parents (parce que oui, même un athlète a posé les fesses avant de poser les pieds). L’émotion, la nostalgie, la fierté. Le défi est complété avec plus ou moins 14.5 km de nage en 2 jours. Astérix peut aller se rhabiller, sans potion, avec une couple de barres omax et 2 compatriotes en canot Marc-André a relevé un défi de plus pour les 12 travaux qui s’achèvent. Quand on vous dit que les 12 travaux c’est là pour inspirer les gens à bouger, à jouer dehors… vous en parlerez à Julien qui a voulu nager 1.5 km dans le lac avant de revenir à la voiture. Ce même Julien qui, dès que le parc ouvrira les réservation, se trouvera un terrain de canot camping pour y emmener sa famille.

Malgré ce 10e défi réussi, Marc-André ne réalise toujours pas l’ampleur de ce grand projet. Il semble étonné chaque fois que quelqu’un le félicite, chaque fois que quelqu’un se sent inspiré par ses aventures. Tu te souviens au début de la première journée de nage Marc-André avait dit que l’épreuve qu’il ne referait pas c’était celle là? Va savoir si c’est l’inconscience ou la persévérance qui parle mais son avis à déjà changé à ce sujet. On a maintenant un Marc-André qui dit qu’avec la possibilité de s’entraîner plus sérieusement, sans confinement, sans pandémie, il referait ce défi sans hésiter mais cette fois en une seule journée. Le pire c’est que j’y crois aussi.

Pour la galerie photo complète, c'est juste ici.