6 décembre 2019.


S’auto-prescrire des petites thérapies créatives. Ce duplex tout ce qu’il y a de plus banal et pourtant.

La place à laquelle je pense quand on commence une phrase par ‘’te souviens tu quand..’’ En regardant cet immeuble me vient une douce odeur de lilas, j’entends en sourdine Jean-Pierre Ferland nous chanter ‘’tes mon amour, t’es ma maîtresse..’’ Et si je m’avance un peu je nous y vois, au travers de la fenêtre du salon du 205, tous en pyjama


pour un Brunch, à essayer de casser des assiettes incassables en riant. J’entends des secrets au travers des conduits d’aérations, c’est ma soeur et moi qui se parle en cachette alors qu’on est supposé ‘’réfléchir’’ chacune dans notre chambre. La place ou j’ai vécu le plus longtemps, juste en haut de chez grand-maman. C’est là ou j’ai appris à nager, à faire du vélo.. des tours et des tours de ce duplex sur nos petits vélos mauves. C’est dans le salon du 205A que j’ai fait du camping intérieur pour grand nombre de mes fêtes d’anniversaires. C’est dans les escaliers intérieurs qui menait de chez moi à chez grand-maman que je criais toujours ‘’ATTENDS-MOI!!!!’’ alors que je n’avais que quelques marches à descendre pour rejoindre tout le monde. C’est là ou on peinturait sur les portes de salle de bain, ou on s’éclairait au chandelier dans la cuisine, ou on écoutait des films dans un hamac dans le salon. C’est dans le sous-sol du 205 que nous allions fouiller dans le débarras comme deux petites exploratrices nombre de fois pour retrouver toujours les mêmes trésors; des photos, des déguisements faits par grand-maman, de vieux jouets…


La porte du 205 était toujours ouverte pour tout le monde, tout ceux qui mettaient les pieds dans cet appartement devenaient de la famille. Mais s’il fallait qu’on te trouve endormi sur le sofa, il y avait très peu de chance que tu te réveilles sans un maquillage abstrait sur le visage.

Essayer de capter de tout petits éclats de souvenirs dans des photos enneigées. Surtout tenter de ne pas avoir le coeur trop gros en passant devant cet endroit en sachant que tu n’y est plus, mais plutôt d’avoir la tête pleine de souvenirs joyeux et doux. Comme danser debout sur le sofa du 205 en écoutant ‘’Calor La Vida!’’…

Tu me manqueras toujours, Je t’aime mémé.. bonne fête. T’es mon amour, d’la tête aux fesses..

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